4.02.2013

Le blanc sauvera tout

Il y en aura sans doute beaucoup d'autres, des effusions de sang, de mots, de colères, des giclées d'essence un peu partout, avant que je ne craque une allumette et fasse tout flamber, encore une fois.
Mais je contrôle le chaos, j'essaie.
Je me nourris de l'existence, je vis désormais pour être avec ceux que je côtoie, pour être avec ceux que j'aime, et qui me sont précieux, et qui, sans le savoir, me sauvent de quelque chose... d'autre.
Je contrôle le chaos, je veux être une bonne personne.
Veux être avec eux, qui recherchent la folie passagère, le laisser aller, alors que je sauve mon âme en passant le balais, en faisant la vaisselle et toutes ces conneries ; doing normal things in a crazy world, you know, tu sais, je me suis beaucoup documenté sur ma maladie, pendant longtemps, cherchant, non les réponses mais les questions, non le moyen de guérir, mais celui de passer la frontière, et cela définitivement.
'cross the borderline.
Et peu à peu je m'incarne, je sens ma peau, je sens ma chair, je sens le poids de mes pensées, et je m'unifie, mettant de l'ordre dans toutes ces fulgurances qui me bouffent, je passe de longues minutes sous ma douche, me rassurant, me parlant comme à un petit enfant, tapotant mes bras, mon ventre, mes cuisses et tout ce qui dépasse. J'apprends à être moins impulsif, peut-être un peu moins radicalement sincère, à respecter les nanas, les amis, la famille.
Je contrôle le chaos, et je sais que bientôt toute ma production artistique aura un sens, et je sais que je serai reconnu, et mes toiles s'encadrent d'elles-même, trouvent d'elles-même l'équilibre, et de moi-même je souhaite vivre heureux. Je serai heureux. Je contrôle le chaos, je limite mes pensées, je me limite, me limite, limite, li.

Le blanc sauvera tout. Le blanc c'est ma mère. Ma mère c'est la folie. La folie est un mystère. Et le mystère, c'est Dieu. Sans doute ai-je un compte à régler avec Dieu, avec l'idée de Dieu. Chaque artiste poursuit cette idée, dérègle lentement tous ses sens pour construire autre chose, cherche la réalité dans le magique, un sens dans le foutoir. Mais encore faut-il avoir le temps; et le courage de tout reconstruire. Je travaille à cela. Et je ne suis pas seul, on m'aime, on m'aime vraiment même si je ne sais pas encore pourquoi, on m'aime et j'ai le droit d'être d'aimer ce que je suis.


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