2.19.2013

2 more songs of pain

The man you are 

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Another year’s passing
And I’m still thinking about you
My never born feline
My lady lazy queen
With an atrophied hand
And a beautiful smile
Another year’s passing
And a ghost is still missing
In my room in my dressing
A ghost is still missing
And it terrifies me
Another year’s passing
And the lazy queen’s dead
And I’m a worry old man
And the schizophrenia takes me
And I lose my mind
And it’s all have been done
An it’s all have been won
You’re the one you’re the lord
And the man you are



Pretty smile



I’m in love with a special women
who’s job’s  to tell the history of knives
she told me how to cut the jam
she told me how to be a free man
I’m in love with a clever woman
Who’s got a light and charming  sense of humor
A way to some horrors
And a realy pretty smile



2.14.2013

les mots les plus simples

les mots les plus simples
sont aussi les plus justes
chacun cherche à exprimer
ce qu'il a au fond de lui
sans s'avouer
toutefois
que ce qu'il y a au fond de lui
c'est lui
alors
chacun cherche en tatonnant
la lumière dans la nuit
le bruit dans le silence
le silence dans la foule
mais plus humble et plus beau sans doute
est d'être dans la nuit
est de comprendre la nuit
est de transmettre la nuit
d'être
en somme
la nuit dans la nuit
le bruit dans le bruit
le silence dans le silence
et la foule dans la foule
tout le reste n'est que poésie

2.10.2013

c'est comme ça que l'on survit

il fait gris
par la fenêtre je vois la pluie
qui s'abat qui s'abat
qui s'écrase avec la nuit
et la pluie est la seule chose
qui m'intéresse
qui me délasse
la pluie (toum toum)
est la seule chose que je connaisse
par coeur
car rencontrée un soir de juin
par erreur
alors qu'on voulait me présenter
le soleil et la santé
la beauté tout le gratin
et raffarin
mais à la place voici qu'arrivent
la pluie la toux et la dérive
toute une armée de mecs tout seuls
et puis jospin
la pluie apaise mon âme en chien
toute une armée de mecs tout seuls qui
comme moi regardent la pluie tomber
tranquillement
presque tristes mais détachés
n'ayant rien d'autre à faire que de penser

j'espère que demain il fera meilleur

c'est comme ça que l'on survit
c'est comme que l'on survit
bien
plutôt bien malgré tout malgré la vie
en unité de psychatrie
rachida dati

un cadeau sur la langue




tu manges ce bonbon
avec  le plus grand sérieux du monde
un délicieux bonbon
au caramel

un bonbon qui fond tout seul
dans ta bouche d'enfant tout seul
devant eux qui gueulent
plus que de raison

tu es enfermé avec deux êtres
qui se détestent sans passion
enfermés qu'ils sont eux-mêmes
dans leur malheur le malheur que tu es
et le bonbon
libère sa fine saveur

deux être qui pleurent
beaucoup plus que toi
lui qui dit que me veux-tu
elle qui dit j'en ai marre de me taire

lui qui dit quoi que me dis-tu
elle qui dit non mais regarde cet enfer
dans lequel tu m'as mise

et alors le papier d'or
de ta friandise
te fascine et tu t'amuses
à compter les rayons de soleil

qui tombent dans la pièce
dans la pièce où tu es
où ils te tuent
habitués
à te déplaire

mais ton regard s'éclaire
soudain
et le bonbon réchauffe ta condition
il apaise ton enfer

un bonbon extraordinaire
un bonbon grandiose
une équinoxe de sucre
une éclipse de fondant

et les cris mêlés de tes parents
se taisent pour un instant
et tu es l'enfant
le plus chanceux du monde

d'avoir un bonbon sous ton palais
un cadeau sur la langue
une poignée d'éternité
en cinq minutes de miracle

2.09.2013

je te souhaite

dis-moi tout
dis-moi ce qui chagrine
ton coeur
dis-moi ce qui se cache
derrière cet air songeur
parle-moi
parle-moi de toutes tes forces
parle-moi de tes erreurs
de tes peurs
d'enfant
à présent que tu es une grande personne
va voir bobonne
sois digne de tes choix
à la hauteur de ta vie
je suis la chaise sur laquelle
tu es assis
je suis la terre
je suis la pulpe de tes doigts
l'enfer la neige ton toît
ton abris tes rêves et le dernier jouet
que tu n'as pas cassé
je suis ta poésie
je reste ta poésie
et je sauverai le monde
pour que tu ailles juste
un peu mieux

2.08.2013

Le monde serait froid







A l’instant même où je t’aie vue, je me suis, je me suis dit tiens, cette nana-là c’est du genre à tirer des sacs à 20 balles dans les magasins, c’est du genre ingérable, rebelle, un peu tarée comme je les aime ; du genre à s’ouvrir le paquet de gâteaux dans le magasin, devant toutes les caméras et de regarder la caméra et dire à la caméra, la bouche pleine, de lui dire je m’en tape, je mange les gâteaux que tu surveilles, tu es l’autorité, je suis ta pire ennemie.
Du genre en talons hauts, la coupe à la garçonne, crapotant des clopes longues comme une phase terminale qui durerait 20 ans, sourire en coin et regard à peine deviné, et haut le regard, tellement haut sous tes cheveux bouclés, tandis que tu marches là devant moi, ton cul se balançant de droite à gauche, pressée que tu dois être de fuir tes derniers pas. De fuir tes ancêtres. D’être la première à porter ton nom, ton ossature, ton style, ton charme et toute la chaleur d’un soleil naissant à chacun de tes pas pressés, pour chacune de tes boucles rayonnant, dardant ses ô sur l’orgueil fumant des poètes . Si tu n’existais pas il ferait toujours nuit, le monde serait froid, nous n’aurions jamais appris à écrire. Tu portes le feu, le jour, tu es le dernier sucre de la condition humaine, plongé dans le dernier café de l’univers, tu es l’ultime taille 38, le chant du style, un grand rire qu’on n’enterre pas, qui reste, qui reste en mémoire comme une petite humiliation cruelle. Je sais que tu l’es, cruelle, et je sais que tu m’humilieras comme je sais que ma dignité n’a aucune importance. Ton dos devant moi, c’est toutes les femmes qui ont tourné les talons, ont emporté loin de moi les horizons tout juste nés, l’espoir et l’écran plat.

Chacun de tes pas. Chacun de tes pas me dit chacun de tes amants me dit chacun de tes défauts. Chacune de tes failles me ramène à moi, et à toutes les fois où j’ai tourné à gauche par ennui, où j’ai changé de trottoir par manque de goût, où j’ai traversé la rue pour perdre mon chemin. De vie mon chemin de vie cette fois m’a mené derrière toi, qui porte derrière toi tes boucles grises, ton dos voûté, tes talons hauts et cette légère odeur d’eau de Cologne, qui m’enivre et me dit merde par avance, qui témoigne du passé dont tu rêves encore pour mille.

2.07.2013

Ladybelle

je t'aime plus que moi-même
et je sais ma toute belle
que cette fois-ci c'est pour de vrai
je me suis livré
à toi
j'ai bavé rêvé
sur ton oreiller raté des pâtes devant toi
fait la zouk-machine devant toi
et devant toi
la zouk-machine avait un coeur
je t'aime plus que ma douleur
te désire tant 
que j'ai parfois peur de toi 
comme on a peur de vivre
son dernier printemps
la fin d'une chanson
son tout dernier bonheur avant
des siècles sans chair et sans amour
des années nues désertes arides 
années durant lesquelles petit Pierrot
cherchait l'amour dans les poèmes
ne trouvait rien
que du gras du nerf des os
mais à présent
oui à présent
oui à présent
oui à présent
à présent présent à présent 
oui à présent
petit Pierrot à compris avec le temps
qu'il vaut mieux
pour être heureux
chercher les poèmes dans l'amour
les mots dans la chair
la voix dans le regard
écrire pour quelqu'un
pour toi
qui existes qui es là
devant moi plus naïve que les premières neiges
plus touchante que les dernières pluies
réelle
et salutaire lorsque soudain perds je pieds
perds me dans terrible l'hallucination
tu me sauves en vidant le cendrier
en tirant les rideaux
en posant ta main sur
ma nuque et me disant
il n'y a rien de plus beau que notre amour
il n'y a rien de plus beau que notre amour
il n'y a rien de plus beau que notre amour

1.31.2013

Harmonie





Harmonie ma toute bête
Harmonie chante à tue-tête
Devant des milliers de rats errant dans ses toilettes
Devant des milliers de plats de fantômes et d’assiettes
Harmonie fumant sa première cigarette
Dans son lit
Dans sa vie sans joie sans plis sans fête
Devant des milliers de murs d’amours aux oubliettes
Elle chante pour se sentir nue et nager dans sa tête
Harmonie mon ange ma petite blondinette
Reste ici reste en toi et jamais ne t’arrête
D’être telle que tu es là de chanter faux d’exister à tue-tête
Comme si ta voix était ta peau ton abris ta cachette
Harmonie ma toute bête
Harmonie il pleut sur tes pommettes 

1.30.2013

Un galet (lo-i hot & vicious part 1 dude)




Malgré la chaleur tendre de ta chatte
malgré toutes ces fois où tu t'échappes
où l'on te frappe 
animalement lorsque tu jappes 
à en perdre dignité
malgré la chaleur tendre de l'été
tu deviens froide à en crever
tu deviens vierge et de rêver
tu n'arrêtes pas
tu n'arrêtes pas
et on dirait
lorsqu'on t'éventre animalement
que tu enfantes des crachats
des jets de sang
et de petits poèmes à essuyer
qui partent 
avec un peu d'eau et quelques tartes
malgré la chaleur tendre de ta chatte
tu deviens vierge à coups de battes
tu touches le fond tu jouis en regardant le nord
et tu les mords animalement
tous ces salauds
tous ces connards qui partent à l'eau
tu deviens froide à en crever
plus distante qu'un plan épargne retraite
lorsqu'on te traite
de pute
ou de garage à bites
il y a toujours derrière toi cette petite musique
qui dit comme ça je suis je fonds
je fonds je suis je suis bonbon sous un palais
je serai vierge et aussi sourde qu'un galet

1.20.2013

Toiles 2X12 & new stuff


regarde où tu marches !






Premiers pas d'un ciel d'automne







Vue





African baby blue



1.18.2013




affichant bronzage impeccable sur idées noires
lune pâle sur bassin terrible de zouk-machine
je m'appelle pierre anselmet
love

1.09.2013

Les nuages







Ça commence par une respiration, hachée mais tranquille,
aérée,
par un doigt posé sur le front, dessinant de lentes arabesques.
Ça commence par le doigt par la paume et par la respiration de sa mère, quelque part entre l'éveil et le sommeil. Quelque part mais tout près de lui, son haleine et l'odeur de sa peau.
Ça commence par lui la tête posée sur les cuisses de sa mère, lui l'enfant d'elle, elle la mère de lui, les deux visages sont tournés l'un vers l'autre.
L'un pour l'autre présents.
Les deux visages entre l'ombre et la lumière.


maman tu m'en veux?


hier il a laissé tomber sa couette du haut du lit
superposé, il avait froid, il a dû descendre et affronter tout ce noir.
La peur lui nouait les tripes, il ne savait pas dire de quoi
mais il avait peur. Le noir n'a pas de forme. Le noir c'est l'inconnu et
c'est comme si sa couette était tombée dans un autre pays.
Il a pris sa couette et vite vite il est remonté et puis il s'est enveloppé serré fort et n'a laissé dépasser que son nez. Son cœur battait toujours mais il n'aurait su dire
s'il était mort ou vivant.


de quoi mon chéri?



hier elle a reçu ce coup de fil. Elle a répondu et c'était le Blond. Le Blond qui gueulait. Le Blond bourré. Qui la menaçait de venir pour tout casser.
Elle lui a calmement interdit de venir, l'a laissé postillonner ses menaces
et sa virilité
puis elle a raccroché.
Ensuite, elle a fermé tous les volets de la maison, elle a verrouillé la porte d'entrée, elle est allée mettre de l'eau à bouillir puis s'est assise sur une chaise du salon, très droite, les mains posées
sur ses jambes resserrées. Et puis elle a fait silence, dans le noir, elle a fermé les yeux en attendant l'orage


ben je sais pas moi... de tout.


il s'est réveillé tout mouillé. S'est rendu vite compte qu'il avait fait pipi au lit.
Comme à chaque fois. Comme
toutes les nuits et, comme toutes les nuits, il a eu peur d'être engueulé. Il ne comprenait rien à elle, sauf sa peau et son odeur. Ça c'était vrai. Il était sûr de sa peau, de son odeur, de ses cheveux.
Mais le reste, il ne comprenait pas. Parfois quand il pleurait, elle se mettait en colère, d'autres fois il riait et elle se mettait à le consoler. Il avait faim, elle le mettait sur le pot. Soif, elle le couchait.
Et là... maintenant qu'il
avait fait pipi
au lit? Qu'allait-elle dire? Il s'attendait au pire. Le pire c'était quand elle le regardait un peu, puis se détournait sans un mot. Le pire c'est quand il n'existait pas.


non. Non je ne t'en veux pas de tout.
Tout ce qui est s'est bonnement fait.
Il ne faut pas avoir peur.
Je te protège comme Dieu nous protège.
Il ne faut pas avoir peur.


l'eau était chaude à présent. Elle a sorti un sachet de thé. Elle a mis le sachet dans le bol l'eau dans le bol a pris le bol dans ses mains et l'a laissé tomber. Du coup secousse. Dans tout le corps.
Du coup secousse et cris a crié si fort
qu'il a sursauté est descendu de son lit trempé et a couru jusqu'au cri. Sa peau
ses bras
ses bras son odeur
son odeur ses cheveux
ses cheveux ses yeux son nez ses bras sa bouche et ses doigts
son ventre et ses jambes et ses pieds et ses
cheveux son nez son rire oh ses yeux noirs tout ça toute cette peau
toutes ces oreilles devant lui, toute cette mère recroquevillée
par terre, devant lui.
Elle a levé la tête et l'a regardé droit dans les yeux. Elle tremblait. Son corps s'est relâché un peu, elle a lâché un pet puis a commencé à s'uriner dessus. Tout en marmonnant des mots qu'il ne pouvait pas comprendre.
Alors il a ri (pour le pet).
Puis il a pleuré (pour le reste)
Et dans cette petite maison aux volets clos, dans cette cuisine mal éclairée, dans ce monde clos, dans son corps à lui, dans son corps à elle, tout s'est mis à bouillir, monter, crever les plafonds et les torses, monter encore, toujours plus, monter jusqu'au ciel béant, et tout s'est soudainement illuminé, l'ombre de lui de elle de tout cet amour de toute cette
violence de toutes ces colères tout a soudain mué
et s'est changé en lumière.


d'accord maman. Je t'aime.
Dis...
Qui s'occupe de Dieu?
C'est qui qui le protège quand il a peur?


les nuages

1.08.2013

Clara






Descendant doucement ses escaliers de porcelaine
Clara fille de neige à la frimousse un peu triste
aux gestes mesurés à la démarche sereine
descendant lentement ses escaliers de porcelaine
Clara s'anime un peu et sourit doucement
comme se dévêt une reine
comme se découvre un émoi
en marge d'une promesse
au profond d'un iris d'un regard qui s'en va
comme on s'enfuit par la fenêtre
ne laissant derrière soi
que l'ombre d'une voix comme on apprend à se taire
Clara danse en secret au large d'un mystère
qu'on appelle éclater
rire
rire aux éclats
et l'on dit bien d'elle qu'elle est douce
et qu'elle est calme et qu'elle est belle
on ne peut que faillir en voyant sa frimousse
les doux yeux de Clara de Clara fille de neige
qui veut rire aux éclats
qui rêve comme on respire
descendant lentement ses escaliers de porcelaine
Clara lâche un soupir
et pour la main de sa mère construirait un empire
un château une terre d'exil
avec son petit corps encore enfant 
avec son buste fin fragile
Clara rêve
et seul reste présent reste là devant nous
le mouvement léger 
le léger mouvement de ses cils nus
battant comme un coeur et donnant sens aux choses 
aux gestes aux mots au chant violent 
de l'inconnu


1.05.2013


nous passions 
sous les nuages et ceux-ci 
passaient aussi et la terre tournait 
inlassablement et nos épaules montaient 
puis descendaient et nous respirions et tout était 
en mouvement lorsque je pris ta main lâchant
ainsi une feuille de papier à rouler qui s'envola 
joua un peu avec le vent et finit par se 
poser sur une gouttière sans doute 
se demandant et maintenant 
que vais-je faire tout était 
possible et tout 
changeait 

et j'eus soudain l'impressions 
de rouler mes clopes 
avec des ailes de papillons

et j'eus soudain l'impres-sion
que ces passages incessants
signaient la fin de ce qui cesse
signaient la fin
du dernier monde connu