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2.14.2013

les mots les plus simples

les mots les plus simples
sont aussi les plus justes
chacun cherche à exprimer
ce qu'il a au fond de lui
sans s'avouer
toutefois
que ce qu'il y a au fond de lui
c'est lui
alors
chacun cherche en tatonnant
la lumière dans la nuit
le bruit dans le silence
le silence dans la foule
mais plus humble et plus beau sans doute
est d'être dans la nuit
est de comprendre la nuit
est de transmettre la nuit
d'être
en somme
la nuit dans la nuit
le bruit dans le bruit
le silence dans le silence
et la foule dans la foule
tout le reste n'est que poésie

2.10.2013

un cadeau sur la langue




tu manges ce bonbon
avec  le plus grand sérieux du monde
un délicieux bonbon
au caramel

un bonbon qui fond tout seul
dans ta bouche d'enfant tout seul
devant eux qui gueulent
plus que de raison

tu es enfermé avec deux êtres
qui se détestent sans passion
enfermés qu'ils sont eux-mêmes
dans leur malheur le malheur que tu es
et le bonbon
libère sa fine saveur

deux être qui pleurent
beaucoup plus que toi
lui qui dit que me veux-tu
elle qui dit j'en ai marre de me taire

lui qui dit quoi que me dis-tu
elle qui dit non mais regarde cet enfer
dans lequel tu m'as mise

et alors le papier d'or
de ta friandise
te fascine et tu t'amuses
à compter les rayons de soleil

qui tombent dans la pièce
dans la pièce où tu es
où ils te tuent
habitués
à te déplaire

mais ton regard s'éclaire
soudain
et le bonbon réchauffe ta condition
il apaise ton enfer

un bonbon extraordinaire
un bonbon grandiose
une équinoxe de sucre
une éclipse de fondant

et les cris mêlés de tes parents
se taisent pour un instant
et tu es l'enfant
le plus chanceux du monde

d'avoir un bonbon sous ton palais
un cadeau sur la langue
une poignée d'éternité
en cinq minutes de miracle

2.09.2013

je te souhaite

dis-moi tout
dis-moi ce qui chagrine
ton coeur
dis-moi ce qui se cache
derrière cet air songeur
parle-moi
parle-moi de toutes tes forces
parle-moi de tes erreurs
de tes peurs
d'enfant
à présent que tu es une grande personne
va voir bobonne
sois digne de tes choix
à la hauteur de ta vie
je suis la chaise sur laquelle
tu es assis
je suis la terre
je suis la pulpe de tes doigts
l'enfer la neige ton toît
ton abris tes rêves et le dernier jouet
que tu n'as pas cassé
je suis ta poésie
je reste ta poésie
et je sauverai le monde
pour que tu ailles juste
un peu mieux

2.07.2013

Ladybelle

je t'aime plus que moi-même
et je sais ma toute belle
que cette fois-ci c'est pour de vrai
je me suis livré
à toi
j'ai bavé rêvé
sur ton oreiller raté des pâtes devant toi
fait la zouk-machine devant toi
et devant toi
la zouk-machine avait un coeur
je t'aime plus que ma douleur
te désire tant 
que j'ai parfois peur de toi 
comme on a peur de vivre
son dernier printemps
la fin d'une chanson
son tout dernier bonheur avant
des siècles sans chair et sans amour
des années nues désertes arides 
années durant lesquelles petit Pierrot
cherchait l'amour dans les poèmes
ne trouvait rien
que du gras du nerf des os
mais à présent
oui à présent
oui à présent
oui à présent
à présent présent à présent 
oui à présent
petit Pierrot à compris avec le temps
qu'il vaut mieux
pour être heureux
chercher les poèmes dans l'amour
les mots dans la chair
la voix dans le regard
écrire pour quelqu'un
pour toi
qui existes qui es là
devant moi plus naïve que les premières neiges
plus touchante que les dernières pluies
réelle
et salutaire lorsque soudain perds je pieds
perds me dans terrible l'hallucination
tu me sauves en vidant le cendrier
en tirant les rideaux
en posant ta main sur
ma nuque et me disant
il n'y a rien de plus beau que notre amour
il n'y a rien de plus beau que notre amour
il n'y a rien de plus beau que notre amour

12.24.2012

Les dunes tendres d'Eluna


Tout doucement la main se retire,
se retire du livre ouvert à la page, à la fin de la page fin,
et la lampe éclaire son visage et, doucement, le visage de l'homme se relève alors que la main se retire.
S'est retirée. Termine sa course
contre le dos cambré de la lumière, et dessine, sur le
dos de la lumière de lentes arabesques, lentes et profondes.
Puis
la main se fige. Ici, il faut imaginer ce visage relevé, il faut croire en la fixité de l'homme qui, peu à peu, comprend les derniers mots du livre, comprend sans le vouloir ce qu'il a toujours
vu, senti, touché.
Comprend
qu'après les livres c'est la vie,
l'étouffement existentiel, dur et profond mais
salutaire, pour celui qui veut plus que l'absence de tendresse, pour celui qui se permet de respirer
fort
de toute sa hauteur
de toute la faune de son âme en chien
jappant, chialant tirant de toutes ses forces sur la laisse
pour qu'on le laisse
enfin
écarter les bras, écarter les doigts, écarter bouche oeil et genoux
relever la tête, encore et devenir, les yeux tournés vers le ciel, un arbre centenaire.


*


je t'ai peut-être tout donné
tout ce que je sais, tout ce que je connais
je t'ai donné mon coeur battu, mon coeur carbonisé
le gris de mes yeux nus, mes rêves évasés
et mon visage et ma rage d'éclopé
éclose, en boitant, dans un vases soliflore
mes clopes et mon briquet, mes peurs
et mes efforts pour ne transpirer
que sur un côté du lit
pour ne rêver
que de fruits mûrs
pour n'être
pour toi
pour un temps
qu'un doigt tendu frôlant ta tempe
ton nez, tes mâchoire, le noir de tes sourcils,
Cécile,
et finissant sa course
au très bas de ta colonne vertébrale
où les dunes tendres d'Eluna, pâles sous la lune
dorment et rêvent aux clameurs mêlées de mes lèvres brunes


*




Les visages n'ont pas de sens, les visages parlent des paupières que le sable a scellé, closes toutes closes paupières, du très haut des dunes des dunes tendre d'Eluna none présence, mais tendre malgré tout. La vie est une accumulation, rien ne se soustrait, tout repose, à jamais, dans le sable ; oasis calme où fleurissent les bouches, écrasées les unes contre les autres, pour que les lèvres se tiennent chaud, pour qu'une lèvre en élève une autre, qui grandit pousse sans plus craindre la compagnie des étoiles
des dunes tendres 'Eluna none présence, faible mais là, malgré tout.